Nina Šćepanović : « J’ai vu des ONG qui se battent pour les droits des femmes »

Jusqu’à ce projet, je n’ai pas eu l’opportunité de participer activement à la rédaction d’un reportage. Organiser des entretiens, faire l’interprétation consécutive ou simultanée, interviewer quelqu’un…Tout cela était nouveau pour moi.  Lors de mon reportage sur le thème des mouvements féministes en Bosnie-Herzégovine, j’ai beaucoup appris sur la situation des femmes ici, mais aussi sur le manque de sensibilisation de la population féminine au sexisme et à la violence à l’égard des femmes.  En raison du manque d’éducation sur leur statut social, les femmes en BiH ne comprennent pas en quoi elles sont menacées.  

Je peux comprendre la raison pour laquelle la société bosnienne n’est pas suffisamment engagée dans le féminisme parce que j’ai vécu en BiH toute ma vie. Ensuite, les gens ici sont toujours préoccupés par des questions existentielles comme de savoir s’ils auront assez d’argent pour acheter des livres scolaires ou assez de carburant pour faire les trajets. Ils n’ont pas le temps de réfléchir aux droits des femmes. Je comprends le désintérêt de la population locale pour le féminisme, mais je ne comprends pas la discrimination contre les femmes. À savoir, la tradition et le conservatisme en BiH sont omniprésents. 

Les filles, les adolescentes et les femmes apprennent dès le plus jeune âge qu’une femme doit être digne, qu’elle réussira dans la vie si elle se marie avec un homme qui la protégera. Tous ces exemples ne sont qu’un témoignage du patriarcat qui est profondément ancré dans la composition mentale des femmes.

Je suis d’accord avec Lana jajčević, co-fondatrice de l’association United Woman, lorsqu’elle dit qu’il faudra encore de nombreuses années pour former un mouvement féministe. Pour cela, une société doit progresser sur le plan économique, puis éducatif. Cependant, l’espoir reste dans le fait que il y a de nombreuses ONG qui se battent pour une meilleure position des femmes. 

En ce qui concerne le travail d’équipe, avec ma collègue Lucie, je peux dire que je suis très satisfaite de notre travail ensemble, car même si nous venons de pays différents, nous avons eu la même vision en matière de féminisme et de position des femmes. Nous avons toutes les deux fait notre travail par amour du féminisme et par passion pour nos métiers.  De plus, Lucie n’était pas seulement ma collègue, mais aussi une personne que je pourrais considérer comme une amie.

Enfin lorsque nous parlons du projet Temeco et de la réunion des jeunes de Banja Luka, de Sarajevo et de la France, nous parlons alors de l’élimination du nationalisme entre eux. Ce projet vient de prouver que la véritable haine entre les jeunes de Sarajevo et de Banja Luka n’est pas si forte et que nous pouvons tous vivre dans la paix, la liberté et la coexistence.